Persévérer ou s’obstiner?

Aujourd’hui, je vous propose un court article saupoudré d’une touche plus personnelle.

Persévérer ou s’obstiner? La question semble anodine… Hé bien non!…Du moins, pas pour moi. J’ai eu de la difficulté à différencier ces deux verbes d’action pendants très longtemps et, encore aujourd’hui, traversant la deuxième tranche de la 50aine, je mêle encore mes pinceaux.

Ayant eu une mère très patriarcale et un père très matriarcal, le chef de clan était ma mère. Elle régnait sur son troupeau et, garnie de sa très forte personnalité, elle dictait « le quoi » et surtout « le comment » faire. Il fallait être fort pour l’affronter! Je ne suis pas contre la présence d’un chef de clan dans une famille, au contraire! Je pense que cela est nécessaire au maintien de l’équilibre du troupeau. Par contre, il doit agir, selon moi, à la manière d’un guerrier pacifique. La gestion du troupeau doit se faire dans l’attendrissement, la fermeté, l’intelligence fine qui enseigne et, aussi dans le laisser-aller, et ce, afin que ses ouailles puissent faire leurs propres essais/erreurs (explorations ou expériences) et apprendre de ceux-ci. Bref, un judicieux équilibre entre la fermeté et la douceur. Chez nous, c’était tout le contraire, on n’avait pas droit à l’erreur, même la première fois…

Où est le lien entre la persévérance et l’obstination vs ma relation avec ma mère ? Haha… bonne question! Pendant que j’écris ce texte, je me suis également posé la question. J’imagine que la façon d’agir de ma mère et pour qui la notion de zone grise n’existait tout simplement pas, c’était noir ou blanc, a fortement influencé ma personnalité, mon caractère et mon comportement. Bref, je n’ai pas su, et ce jusqu’à il n’y a pas très longtemps, faire la différence entre chercher à avoir raison (m’obstiner, ce qui était l’apanage de ma mère) et chercher la vérité (persévérer). J’ai donc entamé le marché du travail avec en poche des attributs que je qualifie aujourd’hui de Cro-Magnon : une personnalité frondeuse, un peu cocky, sure (très sure) de moi, témoignant d’une assurance exagérée, sans souvent connaître quoique ce soit du sujet à discourir et ce, sans filet… dire que je me suis pété la margoulette serait de l’ordre de l’euphémisme. L’obstination est une mauvaise vibration tandis que la persévérance est de nature positive.

Avec le recul, aujourd’hui je comprends que la persévérance est reliée à une personne qui demeure ferme et résolue dans une décision, dans une action et qu’il n’en démord pas : il démontre de la constance et de la ténacité. C’est l’état (l’attitude) d’une personne qui, malgré les obstacles, continue à travailler et à poser des actions pour atteindre un but. L’obstination est de l’ordre de l’acharnement (ce que ma mère m’avait enseigné) et se retrouve chez une personne qui s’attache avec énergie à sa façon de penser, à ses croyances. Elle reste convaincue d’avoir raison.

La plus grande différence entre ces deux attitudes est la peur. Une personne persévérante n’a pas peur. Elle persévère par amour pour elle, pour arriver à son but. Une personne obstinée veut absolument avoir raison par peur de quelque chose. Lorsque deux personnes débattent un sujet quelconque, la personne obstinée ne lâchera pas tant que l’autre ne lui dira pas qu’elle a raison alors que la personne persévérante exprimera sa propre opinion et expliquera pourquoi elle diffère de celle de l’autre. Elle finira par lâcher prise en se disant qu’ils ont tout simplement des opinions différentes et que ni l’une ni l’autre n’est meilleure. (Réf. : Écoute ton corps)

Maintenant, tel un philosophe, lorsque la discussion semble être sur le point de se clore, d’être menée à terme, je suis toujours là pour la relancer avec une autre question, « Oui, mais, as-tu pensé à ceci, cela? »… Et le débat est reparti!

Comme à l’habitude, je vous invite à me laisser vos commentaires, si le cœur vous en dit.

Ciao!

 

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8 réflexions au sujet de « Persévérer ou s’obstiner? »

  1. Salut Michel, très intéressant, je connais bien tes parents, bien sûr je vais répondre bientôt à ton blogue, moi Michel j’aime beaucoup discuter des choses de la vie avec mes amis, merci pour ton blogue et c’est le seul blogue que j’ai participé, mais aussi échanger avec un grand chum et peut-être différents blogueurs, très intéressants. merci beaucoup

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  2. S’obstiner n’est pas mauvais en soi. C’est l’art en général de tenter de convaincre avec éloquence que l’on a raison. Le plus souvent il prend toute son ampleur devant un auditoire pris à partie. La persévérance, la recherche de la vérité, est certes une vertu, mais elle peut aussi bien mener à l’échec. C’est toute la différence entre la rhétorique et la dialectique. En politique, par exemple, il ne s’agit pas tant de convaincre son adversaire (dialectique) que de séduire l’auditoire (rhétorique). En politique donc, comme à beaucoup d’endroits, l’important n’est pas d’avoir effectivement raison, mais de gagner. Selon les circonstances, il faut donc apprendre à manier l’un et l’autre de ces deux arts.

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    1. J’aime bien le lien que vous faites entre la dialectique et la rhétorique!

      Par contre, l’obstination selon moi a une connotation négative; à savoir chercher, « à avoir raison » a tout pris, utiliser de dogmes (croyances) pour duper notre interlocuteur, tandis que persévérer, a une touche un peu plus poétique :-), soit, l’art de convaincre tel un guerrier pacifique, dans la douceur, l’intelligence fine qui enseigne.

      Ceci étant dit, que pensez-vous de la méthode que Platon utilisait afin de constamment « avoir » raison, soit: L’elenchos ( http://revolutie.over-blog.net/article-la-pratique-socratique-de-l-elenchos-62603316.html ). Il a inventé (ou cela venait de son maître Socrate) l’art de restreindre considérablement et surtout de manière volontaire, le champ de la réflexion et de discussions.

      Merci pour vos pertinents commentaires!

      .

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  3. Pour ne parler que de Socrate, justement, n’a-t-il pas été obligé de boire la ciguë parce qu’il s’est contenté de la dialectique, qu’il a tenté seulement de faire apparaitre la vérité, qu’il n’a pas cherché à avoir raison à tout prix? Certes, il est mort dans l’honneur et la dignité, mais que valent l’honneur et la dignité quand on est mort? « Mourons pour des idées, disait Georges Brassens, d’accord, mais de mort lente ». C’est ainsi que la sagesse ou l’arrogance des poètes (c’est selon) me semble souvent plus éloquente et salvatrice que la rationalité pure.

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    1. Bonsoir m.m.,

      Il est vrai que Socrate, tout au cours de sa vie, a constamment cherché la vérité et pour ce cas de figure, vous marquez un point 🙂 Suis en accord également concernant la sagesse qui a généralement raison de la rationalité pure.

      En cherchant la vérité, Socrate à sa manière, cherchait à avoir raison. Le tout était dans la façon dont Socrate s’y prenais, je pense. Je tire cette conclusion à la lecture du discours qu’il a prononcé avant sa mort. Il faut lire le Phédon et l’Apologie de Socrate, deux des 28 dialogues que Platon a écrit mettant en jeu, son maître Socrate et, qui raconte et discute de ses dernières paroles avant sa mort. Vraiment intéressant!

      ‘’ … Le jour du procès, Xénophon nous rapporte que Socrate n’avait pas préparé sa défense, préférant faire confiance à la sagesse du peuple athénien. Il aurait même refusé l’aide du logographe Lysias, l’un des plus en vue de son temps. Après que Mélitos ait développé les principaux chefs d’accusation, Socrate prit la parole. Il ne chercha pas à apitoyer les juges ou à se justifier … ‘’ réf. : Apologie de Socrate réf.:(http://www.cvm.qc.ca/encephi/Syllabus/Histoire/Passecompose/Socrate.htm).

      Il tenta de convaincre les juges à sa façon, sans artifices. La vérité souvent mène à la raison!

      Mais, permettez moi, vous ne répondez pas totalement a la question 🙂 Que pensez-vous de la méthode que Platon utilisait afin de constamment “avoir” raison, soit: L’elenchos ? Une méthode, qui semble être couramment utilisée par les avocats!

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  4. De ce que j’ai pu comprendre de ma lecture, parce qu’a priori je suis plus habitué aux phrases simples du type sujet-verbe-complément, l’élenchos est en effet une façon noble et efficace de discuter une thèse. Il est également vrai que nous devons avoir la sagesse de notre propre ignorance. Par contre, je ne suis pas certain que « discourir sur la vertu c’est incontestablement devenir vertueux »; je pense ici à toutes les exactions auxquelles ont donné lieu certains débats théologiques, en particulier au Moyen âge. Aussi lorsqu’on dit « qui connait le bien ne peut pas ne pas le faire », cela me semble assez mal adapté au monde moderne, encore qu’il faudrait s’entendre sur sa définition. En outre, je pense en effet que plusieurs avocats ont recours à cette méthode bien que ceux-ci connaissent déjà les réponses aux questions qu’ils posent, ils vont rarement à la pêche. Dans l’ensemble, donc, je suis d’accord pour dire que l’élenchos, « la mise à l’épreuve », est au moins aussi efficace, en tout cas plus élégant que la torture.

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    1. Bonsoir m.m. 🙂

      J’aime bien votre référence à la torture!

      Pour avoir lu la république de Platon et qlqu’un de ses dialogues, il a utilisé cette méthode d’interrogation à outrance, selon moi.

      Il ne cherchais qu’a avoir raison. Il s’en ai prit a tout les sophistes de l’époque. Ils les meprisaient. Platon était d’avis qu’il fallait découvrir la connaissance que pour ces vertus les plus pures et non pour l’appliquer à la rhétorique et du coup, berner la populace.

      Si vous avez un livre à livre sur Platon, je vous recommande, bien humblement, bien sûr, Gorgias :https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Gorgias_(Platon)

       » …Deux thèses s’affrontent donc : celle de Gorgias, sophiste qui enseigne la rhétorique et considère que « l’art de bien parler » est le meilleur de tous les arts exercés par l’homme, contre celle de Socrate, qui dénonce la rhétorique comme un art du mensonge … »

      Platon, dans une joute verbale, utilisera l’elenchos pour coincer Gorgas, l’un des plus illustre Sophiste de l’époque.

      Un exemple de discours pour avoir raison a tout pri(x)

      Merci encore pour votre intérêt aux articles de mon blog, c’est apprécié!

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