Critique platonicienne de la doctrine sophistique

En ce frisquet début de printemps, je vous propose un article de fond, écourté et amputé de quelques sections plus difficiles pour le lecteur, concernant un sujet qui me passionne, soit la doctrine sophistique. Il s’agit d’un article que j’avais écrit dans le cadre d’un de mes cours de philo à L’UdeL – Bonne lecture !!!

« … Dans cette « civilisation de la langue »,  prolifère un nouveau type de personnages : ceux qu’on appelle les Sophistes. Ceux-ci ont compris très tôt que, dans un tel contexte, le pouvoir n’appartient ni aux mieux nés, ni aux plus forts ni aux plus sages, mais à ceux qui savent parler. …»

Aristophane (réf.: Gorgias, Dialogue de Platon)

Platon a modelé sa vie sur celle de Socrate au sens de l’adoption et du développement de ses doctrines. Platon s’appliquera à y défendre, et bien sûr à définir, tout au long de sa vie ce qu’est le courage, la sagesse, l’amitié, la piété, la vertu, le bien. Platon, tout comme Socrate, croira qu’il vaut mieux connaître (ou subir) l’injustice que de la commettre et ce tant d’un point de vue morale qu’éthique

Socrate, Platon et Aristote vécurent à l’époque du  « siècle de Périclès », soit le siècle qui fut, semble t-il, le plus brillant d’Athènes où eu lieu, entre autres, l’une des plus formidables batailles d’idées, soit la confrontation des doctrines des Philosophes et de celles des Sophistes. On pourrait presque dire, dans le coin droit, les Philosophes, soit « Socrate, Platon et Aristote » et dans le coin gauche, les Sophistes, soit « Aristophane, Protagoras, Thrasymaque, Gorgias, Hippias, etc. » pour ne nommer que ceux-là.

La sophistique, soit l’ensemble des théories mues par les Sophistes, fut affublée de tous les noms et sacrilèges possibles. Les thèses et doctrines des Sophistes, bien que très différentes les unes des autres, mais pour lesquelles existaient quand même un dénominateur commun, soit l’utilisation de la rhétorique, n’ont que trop souvent été exposées au grand public qu’après que Platon et ses disciples les eussent lourdement critiquées. Par conséquent, l’image de la sophistique nous est apparut essentiellement vu sous la loupe d’une distorsion engendrée par la polémique du triumvirat, Socrate, Platon et Aristote, mais plus précisément Platon et je cite : « … la fortune historique de la pensée platonico-aristotélicienne, qui constitue l’ossature de la métaphysique occidentale, a rejeté dans l’ombre les témoignages qui eussent été plus favorables aux Sophistes. Comme il y a eu des poètes maudits, il y a eu des penseurs maudits et ce fut les Sophistes … »

A force d’usage de paralogismes, les Sophistes se sont bâti une mauvaise réputation de professeurs de faux savoir. Socrate dira que les Sophistes n’ont que l’apparence de la sagesse, ce qui vraisemblablement n’a pas aidé leurs causes ! Mais on verra que cela n’est pas si grave et que malgré tout rien ne devrait entacher à tout jamais leur crédibilité. Bien sûr, je suppose que rien ne fût fait dans un dessein mal aisé, voir criminel ou de même acabit.

Platon était un anti-sophiste, et je cite : « … Le modèle idéal de l’éducateur platonicien est l’antithèse du sophiste … ». Platon œuvrera donc sur le terrain de la connaissance théorique, c’est-à-dire un type de connaissance qui est un savoir qui est recherché pour lui-même afin de connaître ce qu’il en retourne des choses. La recherche d’un autre type de connaissance, soit la connaissance pratique, c’est-à-dire l’information qui nous permettra d’agir dans et sur le monde est plutôt l’apanage des Sophistes.

Cette connaissance pratique qui est promu pas les Sophistes, et qui de surcroit moyennant rétribution en échange de leur savoir, obsèdera Platon au point que sa contre-argumentation globale souffrira d’être non équitable et réductrice, au sens où celle-ci ne mettra pas de manière rigoureuse en relief les explications et les équivalences des tenants et aboutissants de cette pseudo-polémique Philosophes/Sophistes. Un peu comme si Platon avait perdu le sens originel du débat, à moins justement que le débat n’eût simplement pas eu lieu d’être, outre bien sûr l’apport théorique de l’argumentation au sens pure.  J’y reviendrai plus tard dans ma dissertation.

Bien sûr, comme dans toutes les sphères de la société et à cette époque, celle de Platon, rien n’était bien différent de celle d’aujourd’hui, où il y a toujours des individus/groupes qui feront mauvaise réputation à des idées/doctrines et ce souvent en y amenant une argumentation que j’ai nommée plus tôt « non équitable et réductrice », à savoir que les nutriments, voir la composition même de l’argumentation ne sont pas toujours au même pied d’égalité et surtout ne mettent pas en relief tous les acteurs et contraintes de ladite discussion. Un peu comme si nous tirions la couverture constamment de notre côté, comme si nous comparions des pommes et des oranges. C’est du moins une hypothèse, que j’avance.

Les Philosophes et les Sophistes, contrairement à ce qui a été mentionné, n’œuvrent pas sur le même terrain qu’est la connaissance. On sait que l’acquisition de connaissances rime avec le pouvoir et conséquemment nous sommes en droit de se demander qui commandent, les Philosophes ou les Sophistes ?  On verra que les deux clans commandent et ce dans leurs champs respectifs. Même que paradoxalement, ils se complètent ! Les Sophistes non pas tout les torts ! Au contraire, ils ont fait beaucoup pour la philosophie, ce que je m’attarderai aussi à démontrer au cours de cette dissertation.

Pour débuter cette dissertation, je tenterai de faire ressortir les différences structurelles majeures de chaque doctrine afin de démontrer qu’elles sont diamétralement opposées et donc différentes et que conséquemment, il devient impossible de comparer aux sens purement critiques du terme les deux clans. Et si nous tentons de le faire, il faut que ce soit de manière juste et équitable, ce qu’à mon humble avis Platon n’a pas toujours fait. D’avoir trop utilisé le procédé de l’élenchos pour atteindre ses objectifs à tout prix, il n’a cherché qu’avoir raison et par conséquent, paradoxalement, n’a pas cherché la vérité.  Peut-être aurais t-il eu lieu de coupler dans un judicieux équilibre la rhétorique et l’élenchos ?

Bref, dans la mesure où Platon, dans son œuvre, semble très critique à l’égard des Sophistes, alors que par ailleurs ces derniers semblent tout de même avoir certaines qualités, ne peut-on pas penser que la vision de Platon est trop restrictive à leur égard et d’une certaine façon injuste?

Les Philosophes et Les Sophistes : Anatomie de leurs différences:

Comme on pourra le constater ci-dessous, leurs doctrines respectives ont des différences structurelles majeures. J’ai tenté de répertorier celles-ci sous six catégories, soit :

Les Philosophes :

– Doctrine basée sur l’être : « Théorie et communauté des Idées ».

– Le couple logique / physique est transcendé par, justement, l’être : Logique (Même : identité  /  l’Autre : la différence) et Physique (Mouvement / Repos).

– Recherchent la vérité et la justice, donc, Connaissance de type « théorique ».

– Science : Dialectique.

– Modes de questionnements : Maïeutique + Ironie Socratique + Élenchos.

– Utilisent leur science pour établir les fondements universels de leurs connaissances.

Les Sophistes :

– Doctrine prônant l’agnosticisme « thèse de Parménide », c.à.d. que l’être n’existe pas, donc le « non-être » existe.

– Récusent la vérité, l’être, la permanence pour accepter que ce que le langage peut dire.

– Connaissance de type « pratique ».

– Science : Dichotomie

– Modes de questionnements : Rhétorique + Paralogisme.

– Utilisent leur science pour « vivre ($) » et ce, moyennant rétribution pour leur savoir.

Dans les notices d’introduction au dialogue du Sophiste, on retrouve un résumé fort éloquent de la théorie des Idées (ou des Formes) de Platon et je cite : « L’âme est éternelle. Avant d’être unie au corps, elle a contemplé les Idées et, grâce à la réminiscence, elle peut les reconnaître, quand elle est descendue dans un corps. Par sa cohabitation avec la matière, elle perd sa pureté, … ». Conséquemment, Platon non seulement accepte la notion ontologique de la présence de l’être, mais celle-ci en est la base, la pierre angulaire de sa doctrine sur la théorie et la communauté des Idées.

Les Sophistes récusent l’être. Ils sont en accord avec la thèse de Parménide qui prône l’existence du « non-être ». D’ailleurs Protagoras, l’un des premiers célèbres Sophistes sera accusé d’impiété parce qu’il professait l’agnosticisme, et je cite : « Au sujet des Dieux, je n’ai aucun savoir, ni qu’ils sont, ni qu’ils ne sont pas, ni quelle est leur manifestation. Nombreux sont en effet les empêchements à le savoir : leur caractère secret et le fait que la vie de l’Homme est courte. »

Dans le dialogue du Sophiste de Platon, ce dernier mettra en scène un personnage, l’Étranger, via lequel il réfutera la thèse de Parménide afin d’admettre le faux. Et si le faux est possible, il est par conséquent permis de croire qu’il est possible de parler et de penser faux.

Leurs sciences respectives sont complètement différentes. Les Philosophes pratiquent la dialectique, science qui consiste à « ne point prendre pour autre une forme qui est la même, ni pour la même une forme qui est autre »  tandis que les Sophistes appliquent un processus dichotomique qui permet de créer des similitudes ou des différences apparentes. Ce qui provoque par le fait même, en juxtaposant les objets/idées comparés, justement leurs contrariétés et/ou leurs ressemblances.

Les Philosophes sont à débusquer la connaissance théorique, tandis que les Sophistes sont à la recherche de la connaissance pratique et appliquée.

A la lumière des énoncés précédents, nous sommes en mesure de constater que les bases doctrinales des Philosophes et des Sophistes sont diamétralement opposées. Le point central de leurs différences est la présence ontologique (ou la non présence) de l’être et que conséquemment il devient évident que non seulement ils sont dissemblables, mais plus fortement, qu’ils n’œuvrent pas sur le même terrain qui est la connaissance.

Les Philosophes vs Les Sophistes

L’acquisition de nouvelles connaissances, quelles soit théoriques, à savoir : recherchées par les Philosophes ou de nature pratique, à savoir : qui est l’apanage des Sophistes, rime nécessairement avec le pouvoir que l’on en retire, soit par la transmission de « ce savoir » pour potentiellement en tirer une rémunération ou soit pour sa propre utilisation. Conséquemment, il s’agit d’une arme d’une puissance infinie et nous sommes en droit de se demander qui commande ? Les Philosophes (avec leurs connaissances théoriques) ou les Sophistes (avec leurs connaissances pratiques) ?

Dû à leur mauvaise réputation, qui fut en partie mise en première page par les critiques répétées de Platon, les Sophistes, même aujourd’hui, sont vus comme des professeurs du faux.  Ils n’ont quand même pas tous les torts ! Les Sophistes ont beaucoup apportés à la philosophie grecque et même occidentale. Très souvent, les Sophistes, et de mémoire de lecture, je ne crois pas que cela soit arrivé à Platon, furent demandés pour convaincre une foule, un roi, des institutions gouvernementales, etc., afin de discuter d’avis juridique. Bref, leurs opinions étaient fortement en demande et respectées.

Périclès et le régime Athénien choisirent Protagoras pour établir la constitution de Thurrium qui était une colonie que les citées grecques avaient décidé de fonder. Nietzsche rendra hommage aux Sophistes et plus particulièrement a Protagoras.

Gorgias fut chargé, en 427 avant J.-C. par sa patrie natale Léontium, de plaider leur cause devant l’Assemblée du peuple afin de lui demander secours. Son discours fut si éloquent, qu’il marqua l’histoire. Son style, si personnel que les Grecs forgeront le terme « gorgianiser ».

Les Sophistes ont aussi contribué par leurs œuvres à la culture grecque et à la philosophie moderne. On a qu’à penser à :

  • Protagoras :
    • les Antilogies.
      • Diogène Laërce diras  au sujet de Protagoras, qu’il fut le premier à dire que sur toutes choses dites, il y a toujours deux discours qui se contredisent.
    • L’homme-mesure,
    • Le discours fort,
    • Nature de la vérité,
    • etc.
  • Gorgias :
    • L’autodestruction de l’ontologie,
    • La poésie de l’illusion,
    • La psychagogie,
    • Le temps comme moment opportun,
    • etc.
  • Thrasymaque :
    • Le débat constitutionnel,
    • Justice et Justification,
    • etc.

Disons, pour rétablir les faits un tant soit peu, que les Sophistes sont à la recherche de connaissances pratiques et appliquées, soit celles qui permet d’agir sur et dans le monde de manière efficace et efficiente et ce afin de « vivre » sa vie. Cela, nécessairement, sous-entend un mode de rétribution sous forme pécuniaire ($).  Protagoras fut le premier à en tirer profit. Il inaugure des séances publiques payantes et établiras même la codification de ses honoraires. Son objectif est de former adéquatement les citoyens des différentes citées qu’il parcourt. Il a fait cela pendant 40 ans !

Dans les faits, rien n’empêche d’obtenir une rétribution monétaire moyennant la transmission et la diffusion de son savoir. Aujourd’hui, à notre époque, on ne fait que cela « se faire payer en échange d’un service », qu’il soit d’ordre moral ou physique. Il faut bien vivre ! Comme le souligne, Gilbert Romeyer Dherbey, et je cite : « Protagoras fut le premier à répondre aux questions contre salaire … Si les Sophistes en effet furent des professeurs rétribués, ce n’est pas parce qu’ils étaient mus par une cupidité sans borne, comme l’a cru Platon, mais tout simplement parce qu’ils en avaient besoin pour vivre tout comme un enseignant moderne …»

Évidemment, si l’on fait cela dans un dessein mal aisé, cela contrevient à une morale non-religieuse (ou sectaire) qui transcende l’Homme et qui vient heurter directement la morale de Platon – Est ce correct moralement et éthiquement de commettre l’injustice pour arriver à ses fins ?  Cela a fait l’objet d’un dialogue complet de Platon, soit la République où il accoste cette question plus globalement à la Cité et à l’individu dans la Cité.

Certains terrains sontpropices à la mise en application de connaissances pratiques et qui permettent de vivre sa vie et Gorgias finira par l’avouer, sous le questionnement incessant de Platon, et je cite ; « Gorgias reconnaît en même temps qu’il peut y avoir un bon et un mauvais, un juste et un injuste usage de la rhétorique et qu’il est de la responsabilité de l’orateur d’en faire un bon usage …». Il y a donc une morale chez Gorgias et ce, même s’il avoue que la méthode peut offrir une occasion de débordement ou d’exagération, libre à l’utilisateur de s’en servir a bon escient. Aussi, libre à l’écouteur de bien détecter s’il y a utilisation de la rhétorique de manière correcte ou pas. De toute façon, toutes les doctrines ont leurs paradoxes, dira plus tard Gorgias. Était-ce pour se défendre ou simplement pour appuyer ses dires ?

L’autre terrain est plutôt propice à la découverte ou la mise en application de connaissances de type théorique en matière de « recherche et développement » des idées et de la pensée.

Selon moi, il m’apparait clairement que nous sommes en présence de deux terrains dont les dimensions, les caractéristiques, la nature même sont opposées et par conséquent, Platon n’aurait pas dû y mettre toute la gomme pour dénoncer indubitablement les pratiques et mode de rétribution des Sophistes. Je le sens envieux quelque peu de constater le succès que certains Sophistes obtiennent lors de leurs discours. Je ne peux appuyer mes dires, il s’agit purement d’une opinion, mais à force d’élenchos, on finit tous et toutes par se contredire.

On ne peut comparer que des objets/concepts ayant une certaine similitude et si nous y sommes tentés, nous devons le faire avec une rigueur qu’a mon avis Platon n’a pas utilisée.  Cela fera l’objet de la prochaine section du présent chapitre, soit : Argumentaire réducteur et non équitable.

Revenons à nos moutons ! Donc qui commande ? Afin de répondre à cette question, cela sous-entend que commander implique que nous le fassions sur un terrain commun aux deux parties. Par exemple, sur un terrain de foot, laquelle des deux équipes commandent ? Lors d’une guerre, laquelle des armées commandent ? Ici, nous sommes en présence, tel que cité précédemment, du terrain de la connaissance.

A mon avis, je ne crois pas que les Philosophes et les Sophistes œuvrent sur le « même » terrain qu’est la connaissance. Ils n’ont de similitude que le mot « connaissance », car il faut préciser qu’il s’agit de deux types de connaissance, soit pratique et théorique. Ces dernières, ont respectivement une essence qui leur est propre, donc différente et surtout un but et une finitude quant à leurs utilisations qui sont diamétralement opposés. On n’utilise pas la connaissance théorique comme on utilise la connaissance pratique. J’irais plus loin en affirmant que le pseudo-débat Philosophes / Sophistes n’aurait jamais dû avoir lieu parce que justement, ils combattent sur un terrain différent, ils ne sont pas dans la même catégorie. Qui de l’ours ou de l’alligator est le plus fort ? Cela dépend sur quel terrain ils feront leur combat !

Argumentaire réducteur et non équitable

Souvent, lors d’une critique, peut importe le sujet ou l’objet que porte celle-ci, on remarque que ce ne sont pas tous les arguments qui sont bien étalés, mis en relief afin de bien les étudier. J’ai personnellement qualifié ce type « d’analyse » de « non équitable et réductrice » : à savoir que les nutriments de l’argumentation ne sont pas toujours sur le même pied d’égalité et surtout ne mettent pas en relief tous les acteurs, les contraintes ainsi que les tenants et aboutissants de ladite discussion.

Bien humblement, je crois, à la lumière de mes lectures, que Platon a « tiré un peu la couverture de son côté » lors de ses attaques contre les Sophistes. Non pas que ceux-ci soient blanc comme neige, mais il m’a semblé y aller un peu fort quelque fois. En voici quelque exemple:

L’aspect pécunier du mode de rétribution n’aurait pas du être mis en jeu. Il faut bien vivre comme disait Gilbert, Romeyer, Dherbey ! Que quelqu’un se fasse rémunérer pour dispenser son savoir m’apparait moralement et éthiquement correct. Thrasymaque était bien avocat ! et il clamait que «  Savoir était sa profession ! » Même Platon la encensé en disant que Thrasymaque était un maître de l’éloquence. Gorgias était médecin. Il a sûrement usé de son art oratoire afin de convaincre certains malades de suivre ses ordonnances médicales. Au départ, les thèses que nous confère leur propre doctrine sont complètement opposées : leurs doctrines respectives sont opposées, donc difficile de les mettre en comparaison.

Platon utilise à outrance l’élenchos  N’importe qui subit de manière oppressante un processus de questionnement de type d’élenchos finira par dire des sornettes. Gorgias disait, et ce avec sagesse selon moi, que chaque doctrine a ses paradoxes.

Dialogues de Platon : Bien humblement, je me questionne jusqu’ou Platon a pu « distorsionner » dans certain cas, la pensée de certains Sophistes qu’il mettait en jeu dans ses dialogues.

«  … la célèbre scène où Thrasymaque affronte Socrate, au livre I de La République de Platon, pose plus de problèmes qu’elle en résout : Il est très difficile de savoir, dans ce texte polémique, ce qui revient exactement au Thrasymaque historique et quelles sont les distorsions que Platon fait subir à sa pensée …»

Platon met en scène un Gorgias qui venait de terminer devant une grande foule, un éloquent discours en le « mettant en questionnement » (on devrait plutôt dire en « élenchos ») de manière à l’humilier. On dit, si l’on en croit Athénée, que Gorgias, qui avait lut le dialogue de Platon le mettant en scène qu’il (Gorgias) ne s’y reconnaissait pas dans le portrait tracé par Platon et il s’estima caricaturer. Il mentionnant même que Platon savait bien se moquer !

Étant donné qu’ils œuvrent sur des terrains biscornus : Comme énoncé précédemment, les Philosophes ne partagent pas le même terrain que les Sophistes. Bien qu’il s’agisse de ma propre thèse et conséquemment Platon ne pouvait en tenir compte, il me semble assez évident que Platon aurait dû y mettre, à tout le moins un bémol.

Le mode de pensée et d’agir des Sophistes est diamétralement opposés à celui des Philosophes (et vice-versa), tant au niveau des éléments structurels de leur doctrine que de l’espace dans lequel ils œuvrent respectivement, soit la connaissance théorique et pratique. Il devient alors pour ainsi dire, impossible de les comparer. À ce titre, Platon eu tord d’en faire un élément de polémique, surtout dans son dialogue Le Sophiste et que ce faisant, Platon a utilisé a trop l’approche de l’élenchos pour arriver à ses fins. L’argumentation de la philosophie platonicienne est non seulement super solide, pleine de subtilité et de finesse, mais bien humblement et à la lumière de mes lectures, je crois que l’on ne peut la confronter a celle des Sophistes (et vice-versa), qui eu ont une argumentation toute aussi solide. Les deux (2) doctrines sont trop différentes pour être comparées.  Un peu comme se demander qui gagnera le combat entre un ours et un alligator ? Cela dépend sur quel terrain aura lieu la confrontation.

Que les Sophistes n’ont pas tous les torts. Ils ont été très souvent demandés pour agir en tant que conseiller auprès d’instance de la Cité et que, grâce à leur art de la rhétorique, ils ont prononcé d’éloquents discours et réussi à faire tourner la vapeur. À mémoire de lecture, je ne crois pas que Platon ai été demandé pour faire de même. Les Sophistes ne sont pas seulement des experts dans l’art oratoire mais ils ont aussi contribué au continuum des œuvres de la philosophie grecque.

Que la philosophie platonicienne, nous à montré une image plutôt distorsionnée des Sophistes et ce, même si à plusieurs égards les Sophistes sont capables de discuter de toutes choses et comme on ne peut tout connaitre, nous somme forcément en charnière sur le vrai et le faux. Socrate l’ayant démontré via, le personnage de l’Étranger dans son dialogue du Sophiste en réfutant la thèse de Parménide et en acceptant que le faux soit désormais possible dans le discours des Sophistes. L’art de la rhétorique est l’apanage des Sophistes et cet art peut être utilisé à mauvais escient – faisant avouer le tout à Gorgias (réf. : dans le dialogue du même nom). Je répondrai bien humblement que chaque doctrine a ses paradoxes (tout comme Gorgias la énoncé aussi) et qu’il revient à tous et toutes d’utiliser la rhétorique à bon escient et de surtout bien voir venir les « faux ». Il s’agit de mette en action notre sens critique de citoyen.

Et qu’ultimement le débat n’aurait pas du avoir lieu entre Sophistes et Philosophes.

En conclusion, j’aimerais tenter de repositionner l’art qu’est la rhétorique dans un contexte du meilleur des deux (2) mondes, en prenant le très bon des Philosophes, soit, la recherche de la justice, la recherche de la vérité, etc. et le très bon des Sophistes, soit, l’art de convaincre et ce dans l’ultime but de conclure que les deux (2) mondes, les Philosophes et les Sophistes, peuvent très bien cohabiter avec justement leurs différences, c’est-à-dire :  le « même » et  l’autre ».

Comme à l’accoutumé, laissez-moi vos commentaires – merci !!

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